| Dossier du mois : Risques psychosociaux : catastrophe ou défaut managérial ? |
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| Partie
3 : Risques sociaux, catastrophe organisationnelle : de quoi parle-t-on ? |
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Nous vivons une époque qui entretient une relation paradoxale avec les risques et les catastrophes : crainte anticipée des risques avant qu’ils n’arrivent et banalisation des mêmes risques après qu’ils sont arrivés. D’un côté, on vise le « risque zéro » (il faudrait par exemple faire la guerre sans pertes humaines dans les rangs de nos soldats), on brandit le principe de précaution – inscrit dans la constitution française – presque à tout bout de champ (cf. les affaires de la grippe H1N1 et du nuage volcanique islandais). De l’autre côté, on banalise les crises qui deviennent chroniques (crise économique, crise financière) voire on les met en scène (catastrophes naturelles bien réelles servies à grands renforts d’images évocatrices dans nos postes de TV). Notre rapport aux risques et à la catastrophe se manifeste dans une posture de toute-puissance/impuissance : tout se passe comme si d’abord on niait que des événements exceptionnels puissent arriver, et pire, on ne veut pas croire qu’ils puissent arriver malgré certains faits avérés (cf. l’affaire Xynthia : des maisons construites dans des zones connues comme étant parfaitement inondables). Mais lorsque ces événements se sont manifestés et que l’on ne peut plus rien y faire, notre impuissance nous apparaît tout à fait normale ; on la banalise, on en fait une des caractéristiques de notre condition humaine et même de notre société de consommation. De la banalisation on passe à la normalisation de la mesure statistique qui renvoie à notre culte des chiffres – ce qui permettra notamment aux assureurs de revoir leurs prix à la hausse. Ce mécanisme est révélateur de notre désir de contrôle absolu des événements et aléas qui nous entourent et de notre difficulté à faire le deuil de ne pas pouvoir tout contrôler. Abordons maintenant la nature des risques et des catastrophes susceptibles de survenir dans le monde du travail. D’emblée, il convient de distinguer ce que représentent le risque et la catastrophe du point de vue de l’individu et de l’organisation, car leur nature et impacts ne sont pas similaires :
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