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du mois : Evaluer le vécu au travail des salariés français : un véritable diagnostic, pas un sondage
(OVAT Observatoire de la vie au travail édition 2010)
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| Partie 1 : Pourquoi un Observatoire de la vie au travail ? | |
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Observer la vie au travail est devenu une nécessité que révèlent un certain nombre de démarches institutionnelles. En mars 2008, le rapport Nasse-Legeron sur les risques psychosociaux pointait la nécessité de se doter d’indicateurs mesurant avec plus d’objectivité ces risques, pour établir des statistiques et diagnostics plus fiables. Dans la foulée de ce rapport, le ministère du travail a initié fin 2008 tout un travail de réflexion (commission Gollac) qui se donne pour objectif d’identifier les sources professionnelles de risques psychosociaux. Depuis, nombre de rapports sont venus appuyer le propos en soulignant la nécessité de se pencher sur la prise en compte de la santé mentale au travail (rapport Koscuisko-Morizet), de développer le bien-être au travail (rapport Copé) ou de développer au sein des organisations une performance plus sociale qui ne soit pas que purement économique (rapport Lachman). Depuis, les sondages sur la satisfaction et le bien-être au travail se multiplient au sein des entreprises. Ces sondages tentent de décrypter ce qui se passe dans la tête des salariés français pour comprendre leur rapport au travail. Certains de ces sondages sont des questionnaires qui hélas ne se fondent guère sur une échelle validée ; ils recueillent sous forme de pourcentages le nombre de réponses (par « oui » ou par « non » alors que la réalité du vécu n’est jamais binaire mais d’intensité croissante) à des questions qui sont posées pêle-mêle aux salariés, sans pré-test de validation ni modèle théorique préexistant. Parfois, on évite de poser « des questions qui fâchent », ce qui provoque un biais important en occultant des pans entiers de la réalité du travail tel qu’il se vit. Ces questionnaires ne peuvent mesurent vraiment ce qu’ils sont censés mesurer, i. e. les multiples facettes de la vie au travail. Certains questionnaires sont toutefois conçus à partir d‘échelles bien connues ; elles présentent la rigueur méthodologique suffisante pour permettre de mesurer certains axes du vécu au travail, mais rarement avec l’exhaustivité requise par les scientifiques (toutes les facettes ne sont pas recensées, la multi-dimensionnalité du vécu au travail n'est pas prise en compte ; seule une revue de littérature scientifique exhaustive et un modèle intégratif validé peuvent l’assurer). Il convient donc de s’assurer que la façon dont va être recueilli le matériau verbal permettra à la pensée tant individuelle que sociale d’exprimer pleinement et avec la plus grande justesse le vécu au travail. Peut-on se contenter des opinions des salariés et donc de leur seule (in)satisfaction ? Peut-on essayer de comprendre leurs attitudes vis-à-vis du travail ? Peut-on appréhender les facteurs qui nuisent à leur bien-être professionnel ? Peut-on cerner les valeurs qui guident les actes des salariés dans leur travail ? Il est possible de répondre positivement à ces questions si l’on s’appuie sur des présupposés théoriques solides – ceux de la recherche – et sur une méthodologie rigoureuse – celle des sciences humaines et sociales. Même si la mesure de l’opinion représente un intérêt certain, mieux vaut s’intéresser au vécu des salariés au travail. En effet l’opinion est labile, voire instable ; elle peut varier en fonction des humeurs, elle ne permet pas de comprendre la pensée sociale dans sa plénitude. S’arrêter aux opinions, c’est ignorer la richesse et la complexité de la pensée humaine, particulièrement en l’amputant des valeurs qui lui sont sous-jacentes et qui guident les actions humaines. Et ces valeurs quand elles sont sociales, sont fortement déterminantes dans le vécu au travail. La meilleure façon de découvrir ces déterminants consiste à recourir à la doxa scientifique en cours, en s’appuyant notamment sur les dernières théories des sciences humaines et sociales. C’est dans le contexte de professionnalisation de la mesure des risques sociaux que le projet OVAT (Observatoire de la Vie Au Travail) est né fin 2008. OVAT est une initiative privée et indépendante, impulsée par la société m@rs-lab, qui réunit praticiens RH et chercheurs. OVAT se donne pour ambition de mesurer les différents risques sociaux à partir d’échelles de mesure recouvrant l’exhaustivité des risques psychosociaux tels que répertoriés par la commission Gollac mais aussi en prenant soin de les distinguer des risques socio-organisationnels et des risques psycho-organisationnel. En effet, l’approche qui prévaut en France jusqu’à présent, sans doute sous le coup d’effets médiatiques, se focalise principalement sur les risques psychosociaux. Or les risques psychosociaux ne rendent pas compte de tous les risques sociaux du travail. Il convient de démêler l’écheveau lorsque l’on parle de ces risques. De quoi parle-t-on, et surtout, que mesurer et avec quels indicateurs ? |
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