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Dossier du mois : Stress au travail : optimiser la démarche de prévention
                                                                   
Partie 4 : Phase de prévention du stress au travail
La phase de prévention permet de fixer un cadre à l’action au sein l’organisation pour éviter que cette dernière n’engendre du stress dans le quotidien des salariés. Elle est a proprement parler la phase « politique » parce qu’elle détermine un sens au diagnostic, aux actions de traitement et à la démarche globale de lutte contre le stress favorisant le développement du bien-être des salariés, dans une perspective d’optimisation continue de la performance sociale. En ce sens, elle est une déclinaison de la stratégie RH voire de la stratégie d’entreprise.

Cette phase peut succéder à la phase de diagnostic et/ou de traitement, selon la stratégie, les moyens en temps ou en budget. Mais elle peut également précéder ces deux phases.

La politique de prévention détermine la façon dont doit être pris en compte la souffrance au travail. Elle insuffle une certaine « vision du monde du travail » dans l’entreprise et quant à la façon dont l’organisation du travail peut et doit se mettre en œuvre. Elle doit être cohérente avec la culture d’entreprise pour éviter de devenir un « non-sens ». Une politique de prévention n’est pas qu’un discours convenu qui ne passe jamais dans les actes ou trop éloignées des réalités professionnelles quotidiennes des salariés. Elle se traduit en actions concrètes, en attitude, en messages...

La politique de prévention se construit en amont de toute action, en cohérence avec la stratégie d’entreprise et la politique RH de l’entreprise. Mais elle se décline concrètement en aval pour cadrer chacune des situations pouvant exposer les salariés au stress :
  • Politique de prévention amont : Prise en compte du stress dans les discours des dirigeants. Déclinaison dans le projet d’entreprise, dans la politique RH et/ou les volets social & sociétal de la RSE. Mise en conformité juridique et institutionnelle de l’entreprise au regard de la réglementation en vigueur, possibilité d’aller au-delà.
  • Politique de prévention aval : Prise en compte du stress dans les actes quotidiens. Déclinaison dans la charte de recrutement, la charte de la mobilité, la charte du management, la charte du vivre-ensemble, politique de rétribution, etc.
La politique de prévention, si elle a été élaborée avant la phase de diagnostic, va influer sur le pré-diagnostic en orientant la problématique et les hypothèses de causes de stress au travail, en cernant telle typologie de populations à risques, en étudiant ou suivant telles données socio-économiques du bilan social.

La politique de prévention va également déterminer la nature du diagnostic à conduire : plutôt du quantitatif ou plutôt du qualitatif, le choix de questionnaires, la sélection et la cartographie des populations à risques, etc.

Enfin, la politique de prévention va faciliter l’arbitrage sur les actions de traitement :
  • Actions curatives :
    • Au niveau individuel : hiérarchisation du traitement des ‘urgences’ ; arbitrage dans les décisions-actions possibles : réorientation vers le médecin du travail, coaching, formation, psychothérapie…
    • Au niveau organisationnel : détermination des priorités dans la mise en conformité avec les obligations légales (affichage, document unique…)
  • Actions préventives :
    • Au niveau individuel : Choix des programmes de gestion de la stressabilité
    • Au niveau organisationnel : Conduite de la gestion de projet, arbitrage quant au traitement des stresseurs ; conduite du changement : identification de la solution la plus ad hoc, au regard des finalités ou moyens : réengineering organisationnel, GPEC, refonte des systèmes de rétribution, refonte de la communication interne et RH, etc.
Last but not least, la politique de prévention peut se formaliser par le biais d’un accord avec les partenaires sociaux, en déclinaison de l’ANI (accord national interprofessionnel) de juillet 2008 relatif à la prévention du stress au travail. Un tel accord permet d’encadrer formellement tous les volets de la démarche de prévention en y décrivant la politique, les actions de prévention et de traitement et les modalités de diagnostic, ponctuelles ou récurrentes, qui permettent de suivre l’ensemble du dispositif.


                                                                                     Pierre-Eric SUTTER


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