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Dossier du mois : Performance et santé mentale au travail : antinomique ou complémentaire ?
                                                                   
Partie 2 : Santé mentale au travail : de quoi s’agit-il ?
Le 17 novembre 2009 dernier, le rapport « La santé mentale, l’affaire de tous » a été remis à Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, secrétaire d’État en charge de la Prospective et du Développement de l’Économie numérique. A la lecture de ce rapport, force est de constater qu’en France la santé mentale n’en est effectivement encore qu’au stade de la prospective, contrairement à d’autres pays européens ou même nord-américains. Il ne faut toutefois pas s’en inquiéter car nombre d’ingrédients sont là pour que la sauce de la prévention de la santé mentale prenne dans notre pays : réglementations diverses et variées, intervenants publics et privés, et last but not least, des cas avérés de souffrance, si l’on en juge par ces salariés qui vont jusqu’à perdre leur vie au désespoir de la gagner. Ne manque que l’impulsion de départ : la volonté de s’y mettre. Car force est de constater que les entreprises françaises ne font presque rien pour répondre à leur obligation de prévention en matière de santé mentale. Jusqu’à présent dans le périmètre des entreprises du CAC 40, il n’y a guère que Peugeot-Citroën PSA qui a signé un accord sur la prévention du stress. Pourquoi ? Parce que les entreprises pêchent plus par ignorance que par malveillance.

Commençons par le commencement : qu’est-ce donc que la santé mentale ? Le rapport KOSCIUSKO-MORIZET bouleverse les préjugés et stéréotypes à ce sujet. « Au même titre que la santé ne se restreint pas à l’absence de maladie physique, la santé mentale ne se limite pas à l’absence de trouble psychique ou de maladie mentale ». Dont acte : pour être en « bonne » santé mentale, il faut non seulement ne présenter aucun des troubles et symptômes des tableaux cliniques de souffrance mais aussi et surtout, ressentir du bien-être, comme le suggère la classification de l’OMS et de l’Union européenne :
  • les troubles mentaux : il s’agit des troubles psychotiques ou les troubles dépressifs caractérisés d’ordre psychiatrique.
  • la détresse psychologique ou « mal-être » qui traduit un état de souffrance psychique qui n’est pas forcément révélateur d’une pathologie ou d’un trouble mental. Elle correspond à la présence de symptômes anxieux et dépressifs peu intenses (qu’on appelle également « dépressivité »), liés à des situations éprouvantes (par exemple des conditions de travail dégradées) et à des difficultés existentielles.
  • la santé mentale positive ou « bien-être » : Cette dernière dimension, longtemps négligée, recouvre l’estime de soi, les capacités d’adaptation, le sentiment de maîtrise de sa vie, etc. Tout comme la santé physique, elle est la condition d’une vie réussie. Le bien être occupe une place centrale en matière de santé mentale au travail. Les conséquences pour les entreprises sont de tailles. Il leur faut, pour s'acquitter de leurs obligations en matière de prévention de la santé mentale, s'assurer :
    • Que les salariés ne souffrent pas, et donc, supprimer les éventuelles causes pathogènes
    • Que chaque salarié puisse réaliser les conditions optimales de son bien-être
En synthèse, être en bonne santé mentale c’est n’avoir aucun trouble mentaux, aucun trouble de mal-être mais c’est aussi avoir une haute estime de son bien-être. « Les différentes formes du « bien-être mental » sont des dispositions plus que jamais jugées nécessaires dans le parcours de vie ». Transposées dans le monde du travail, elles renvoient à des situations perçues comme positives et à chaque fois différentes pour chacun selon son projet professionnel mais aussi les situations de travail qu’il rencontre : mobilité transversale ou hiérarchique, prise de responsabilité, gestion accessible de la complexité… C’est ce qui permet de mieux comprendre l’apparent paradoxe du salarié qui déclare « être motivé par son job et s’y réaliser (santé mentale positive ou bien-être) mais à la fois être désengagé par les conditions de travail de son entreprise (dépressivité ou mal-être) »… Ce n’est pas moins ce qu’a révélé l’édition 2009 de notre Observatoire de la vie au travail (OVAT), conduit avec Keljob auprès de 3000 salariés français : 4 salariés sur 5 se disent impliqués par le travail parce qu’il est facteur de réalisation (santé mentale positive ou bien-être) et par le même temps 1 salarié sur 2 se dit insatisfait par les conditions de travail de son employeur (dépressivité ou mal-être). Ce genre de tendances de résultats se révèlent tout autant dans certains audits de performance sociale « micro », i. e. au sein d’entreprises qui l’ont sollicité.



                                                                                             



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