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Dossier du mois : Développer le bien-être au travail par l’estime de soi
                                                                   
Partie 3 : Burn out : un dérèglement de l’estime de soi
Rappelons d’abord en quelques mots ce qu’est le phénomène de burnout. Le « burnout », qui signifie littéralement « se consumer de l’intérieur », décrit le processus psychologique d’épuisement professionnel. Le plus souvent, il concerne les individus très investis dans leur travail qui perdent soudainement toute implication jusqu’à parfois sombrer dans la dépression, parce que leur travail n'a pas produit les résultats désirés, malgré tous leurs efforts.

Comment en arrive-t-on au burnout ? Le plus souvent, par un sur-investissement personnel pour bien faire son travail, un souci de perfectionnisme, au regard d’objectifs à atteindre. En effet, pour réaliser ses objectifs et tâches, tout individu doit avoir la conviction de posséder les compétences nécessaires à la situation de travail à entreprendre. Lorsque les objectifs ou tâches dépassent les ambitions que l’individu pense pouvoir atteindre, l’anxiété commence à poindre. Deux possibilités : soit l’individu abandonne la poursuite de ses objectifs parce qu’il les juge trop élevés, soit il persévère. L’individu qui entre en burnout est celui qui choisit de persévérer, malgré la hauteur du « mur » qu’il a en face de lui. Plutôt que de revoir ses ambitions à la baisse, il s’entête. N’y arrivant pas, il commence à douter de ses compétences et donc de lui-même, ce qui pèse sur son estime de soi. Nous l’avons vu, l’individu se fonde pour cela sur son propre regard, mais aussi sur le regard des autres. Il redoute qu’on puisse penser de lui qu’il n’est pas compétent puisqu’il n’atteint pas ses objectifs. Dès lors, l’individu redouble d’efforts pour réaliser ses objectifs ; le stress se déclenche. Mais il s’épuise, il n’en dort plus la nuit, il se « tue » à la tâche, jusqu’à parfois hélas, en mourir. S’il ne parvient toujours pas à atteindre ses objectifs, cela affecte d’autant plus son estime de soi et donc sa performance. La performance diminuant, le stress se renforce ; l’individu se trouve alors pris dans un cercle vicieux qui affecte son image de soi, c’est-à-dire l’idée qu’il se fait de ses compétences, du fait d’une estime de soi de plus en plus négative.

Le burnout n’est pas un dérèglement qu’il faudrait attribuer exclusivement au regard que l’individu porte sur lui-même. Il est également lié aux sollicitations de l’organisation du travail (qui peuvent se personnifier par un management particulièrement exigeant). Pour répondre à ses obligations de prévention de santé mentale, l’entreprise doit veiller à ne pas solliciter ses salariés de façon croissante et continue. L’être humain ayant une capacité d’adaptation extraordinaire, il s’adapte le plus souvent à son environnement, en perpétuel changement. C’est pourquoi le salarié compose le plus souvent avec une organisation qui monte en contraintes, comme la grenouille que l’on plonge dans la casserole d’eau froide qui ne sent pas l’eau bouillir parce qu’on l’a portée progressivement à ébullition. C’est la raison pour laquelle ni l’individu ni l’organisme ne voient venir la limite à ne pas dépasser... Et il est trop tard quand le burnout se déclenche.

Au niveau individuel, chacun doit prendre du recul sur son mode de fonctionnement et ses compétences. Les perfectionnistes doivent accepter le fait que la perfection, au sens de « travail parfaitement réalisé », n’est pas de ce monde. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas chercher à se perfectionner pour progresser ! Le perfectionnement, qui est créateur de valeur, est à un cheveu du perfectionnisme qui peut causer de gros dégâts, comme le montrent les mécanismes du burnout.


                                                                                             

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