| Dossier du mois : Mesurer le bonheur au travail : oxymore utopiste ou contradictions réconciliables ? |
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4 : Les trois directions par lesquelles le travail peut faire sens et contribuer au bonheur |
Le travail que prescrit l’employeur peut-il faire sens pour soi et donc pour son bonheur individuel ? Ce n’est pas parce qu’un employeur à élaboré une stratégie et fixer une direction à suivre, déclinée en objectifs organisationnels, qu’il donne un sens au travail ; ce sont des conditions certes nécessaires mais pas suffisantes. C’est néanmoins le rôle du management que d’indiquer une direction et d’inciter ses collaborateurs à la suivre. Mais au-delà de la direction à suivre, le travail fait sens différemment pour chacun et pour sa part contributive au bonheur individuel. Pour paraphraser les philosophes Dominique Méda et par delà Hannah Arendt, le travail fait sens dans trois directions :
C’est pourquoi, pour répondre à la question du bonheur au travail, il faut veiller au sens que le travail donne à chacun, sans pour autant garantir qu’il contribuera au bonheur de tous. Néanmoins, il est primordial pour chacun, quelque soit sa position dans l’entreprise (mais plus particulièrement quand on est dirigeant et manager) de conduire un travail sur soi quant au sens à donner au travail pour éviter les non-sens qui peuvent pousser au désengagement voire au suicide de certains. Ensuite, il faut également conduire un travail sur le sens à donner au travail, avec les autres, avec le « collectif de travail », particulièrement en faisant émerger les valeurs du groupe (à ce sujet, nous invitons le lecteur à consulter le dossier sur le sentiment d’appartenance). Ceci permet enfin de comprendre le sens que soi et les autres donnent au travail dans l’entreprise, cela permet de prendre conscience à quel point parfois ce sens converge ou diverge avec autrui. Le partage du fruit de ce travail sur soi entraîne la découverte autant de ce qui distinguent les autres salariés (par leurs différences) que de ce qui les rassemblent en termes de sens au travail comme contribuant (ou pas) à leur bonheur, sans perdre de vue la finalité qui les réunit collectivement, l’atteinte des objectifs de l’employeur. Pierre-Eric SUTTER |
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