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Dossier du mois : Adopter la « PME attitude » pour doper la performance sociale des entreprises
                                                                   
Partie 3 : La valeur travail, plus forte dans les TPE
  • Concernant l’implication : cet indicateur mesure le lien qu’entretiennent les salariés avec leur travail selon trois critères distincts ; l’identification des salariés à leur travail, l’enjeu qu’il représente pour eux et le contrôle qu’ils pensent pouvoir exercer sur leur travail. Les résultats, sur les deux dernières composantes de l’implication (enjeu et contrôle), sont là encore, au plus haut : les salariés des TPE sont ceux qui estiment avoir le plus grand contrôle sur leur travail et le jugent le plus important. À l’inverse, les salariés des autres types et tailles d’entreprises sont plus mitigés, et leurs réponses sont comparables.
  • Concernant la représentation sociale du travail : cet indicateur mesure la façon dont les salariés pensent et vivent leur travail, i.e. la représentation qu’ils en ont et qu’ils partagent socialement. Cet indicateur permet de mettre en représentation par des mots l’image du travail des salariés. Le relationnel semble plus important dans les PME (10-50 salariés) que dans les TPE, avec la notion « d’équipe », mais également la « communication », la « bonne ambiance » et le « relationnel ». Dans les TPE, seule « l’équipe » est mentionnée, ainsi que la « confiance ». Les salariés des PME sont en revanche plus négatifs que ceux des TPE : 30,8% des termes cités sont connotés négativement, contre seulement 18,2% pour les TPE. Ce résultat va dans le sens des précédents, selon lequel la performance sociale est meilleure dans les TPE que dans les entreprises de plus grande taille. En plus des facteurs de stress cités par tous (« stress », « pression », « fatigue », « manque de reconnaissance »), les salariés des PME évoquent le caractère rébarbatif de leur travail (« ennui », « répétitif ») ainsi que son caractère indispensable (« obligation », « contraintes »), alors que les salariés des TPE l’associent plutôt à la « liberté ». Les salariés des TPE citent moins de termes négatifs que les salariés des autres entreprises, toutes tailles et type confondus. Dans les PME de 50 à 250 salariés, un nouvel élément apparaît : la réactivité et la disponibilité des salariés, avec les termes « disponibilité », « rapidité » et « urgence ». Les relations sociales figurent toujours dans la représentation sociale (« équipe », « relationnel »), mais elles sont également évoquées de manière négative (« conflit »).
Selon la taille et le type de l’entreprise, les salariés ont ainsi une valeur travail différente. Seuls les salariés des TPE sont plus nombreux à avoir une valeur travail positive plutôt que négative, si l’on excepte les très grandes entreprises (250 salariés et plus) où le nombre de valeurs travail positives et négatives est équivalent. Ceci va dans le sens des conclusions précédentes, selon laquelle la performance sociale est meilleure dans les TPE que dans les autres catégories d’entreprises : l’image du travail y est également plus favorable.

En conclusion : les salariés des TPE sont les plus optimistes. Ils jugent plus favorablement l’ensemble des indicateurs de performance sociale. Ceci corrobore l’hypothèse selon laquelle la faible taille de l’entreprise influence la manière dont les salariés vivent le travail qui en un cercle vertueux leur font penser le travail plus positivement que leur collègues des autres tailles d’entreprise. Dans une TPE, les salariés se sentent réellement exister : ils sont plus polyvalents, leurs compétences sont mieux reconnues. Les rapports humains sont également plus directs, certes parfois plus francs et plus rudes, mais les peines comme les joies peuvent plus facilement s’extérioriser. Les relations conflictuelles sont plus aisément régulées par leur hiérarchie, plus proche, comme nous l’avons vu. Le travail fait plus facilement sens dans leur quotidien. Par conséquent, du fait que leur vécu est globalement plus positif, la façon dont les salariés pensent le travail, également plus positive, est renforcée.

En revanche, tout n’est pas rose dans les PME, particulièrement pour les plus grosses d’entre elles : nous l’avons vu, les salariés des PME de 50 à 249 salariés sont les plus mitigés. Leur moral est dégradé et ils évaluent défavorablement la gouvernance sociale de leur entreprise. On peut avancer que cette catégorie d'entreprise subit l'effet de taille critique de croissance : un effectif qui a crû plus vite que l’organisation du travail, encore étriquée, ne permet pas un fonctionnement optimal et surtout une bonne gestion des ressources humaines. À ce stade de croissance de l'effectif, le patron doit se faire aider d’intermédiaires hiérarchiques ; il ne connaît plus tous ses salariés, et ses salariés ne reconnaissent plus celui qu’ils avaient côtoyés durant les premières années de la vie de l’entreprise. La bonne entente et le climat de confiance des premières années tendent à disparaître. De plus, le passage de la barre des 50 salariés impose la mise en œuvre d'instances de représentation du personnel, ce qui complexifie la logique des rapports humains et accroît la dynamique de méfiance entre managers et salariés.




                                                                                             

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