Lorsqu’une entreprise se trouve en difficulté, le premier réflexe de ses dirigeants consiste à rechercher
les moyens de réduire les coûts. Les frais de personnel représentent alors pour elle la principale variable
d’ajustement. Dans certains cas, l’entreprise ne saurait faire autrement. Mais il arrive qu’il s’agisse là
d’une illusion.
Supposons une entreprise où les frais de personnel représentent 50% des frais d’exploitation. Ses dirigeants,
soucieux de réduire les coûts, compte tenu d’un marché déprimé, décident de licencier 20% du personnel. Ils
espèrent ainsi réduire les coûts d’exploitation de 10%. Mais il en résulte que les « survivants », déprimés,
réduisent leur efficacité collective de 25%. Il en résulte alors une augmentation proportionnelle des coûts
d’exploitation qui n’a pas été anticipée. Les économies réalisées ne sont qu’une apparence dans la mesure où
l’efficacité collective, elle, aura chuté de beaucoup plus. C’est que les dirigeants – souvent des financiers
peu au fait des réactions humaines et des conditions d’exploitation – auront négligé le fait que les coûts
d’exploitation ne se réduisent pas au nombre des salariés qui émargent au compte de l’entreprise. Il convient
également de tenir compte de l’efficacité personnelle de chacun d’entre eux et de leur degré d’engagement au
service de l’entreprise. S’ils ont cessé d’y croire, cela peut coûter à celle-ci beaucoup plus cher que ce qu’il
est permis d’attendre, arithmétiquement, d’une réduction des effectifs.
|
La mauvaise manière pour réduire les coûts, en deux mots :
Une réduction brutale des effectifs se traduit mécaniquement par une baisse des coûts d’exploitation à proportion.
Cette baisse arithmétique des coûts, toutefois, peut être annulée part une baisse de l’engagement et donc de
l’efficacité au travail des « survivants » ; cette baisse d’efficacité peut se traduire par une hausse des coûts
supérieure à celle qui était attendue de la réduction des effectifs.
La décision initiale doit tenir compte de ce risque.
|
|