| Dossier du mois : Crise économique et risques sociaux : que peut faire l'entreprise ? | |
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| Partie 1 : L'entreprise face à la crise : risque d'explosion sociale ? | |
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La caractéristique d'une crise, c'est qu'elle est toujours imprévisible dans sa durée et dans son dénouement. Le
Président de la République et le Gouvernement sont dans leur rôle en s'efforçant d'éviter un mouvement de panique
générale dont l'effet serait de l'amplifier. Ceci étant dit, il apparaît de plus en plus clairement que la France
s'enfonce dans une récession qui se traduit d'ores et déjà par un ralentissement de la consommation et par une
multiplication des défaillances d'entreprises (notamment dans l'industrie), et donc des licenciements. Les entreprises doivent donc faire face à une situation extrèmement mouvante. Grandes ou petites, il leur faut se préparer à faire face à des années de vaches maigres, ce qui se traduira nécessairement par des efforts de rigueur et de maîtrise des coûts. Pour les DRH, les réactions possibles du personnel constituent une inconnue. Fera-t-il preuve de patience et de fatalisme ou bien faut-il craindre des mouvements de révolte ? La réponse à cette question est à chercher d'abord du côté de la politique sociale menée par l'entreprise. Les salariés ont-ils le sentiment d'être associés à la vie de l'entreprise ou perçoivent-ils sa politique comme étant d'abord orientée à leur détriment ? Les risques sociaux, pour les entreprises, peuvent être de deux natures différentes ; soit le « social » explose, soit il implose. La première forme de risque, l’explosion, si elle est connue, est désormais une forme d’expression sociale moins fréquente. Cet état de fait ne doit pas laisser croire que le risque social est contenu ou un lointain souvenir car il peut se manifester autrement et d’une façon beaucoup moins connue et moins visible : c’est l’implosion sociale, le désengagement des salariés, beaucoup plus coûteuse pour l’entreprise. Il y a d’abord l’explosion sociale, manifestation que constitue un mouvement de révolte ou une mobilisation collective dirigée contre les projets de la Direction. Ceci peut conduire cette dernière à supporter le coût d’un mouvement de grève ou surtout de retards dans la mise en oeuvre de ses projets. La révolte peut se produire, plus ou moins spontanément, lorsque les salariés ont le sentiment de n’avoir plus rien à perdre et tout à gagner ; c’est la conclusion logique d’une situation de désespérance. L’opposition aux projets de la Direction peut venir, par contre, de l’attitude d’organisations syndicales qui, compte tenu de leurs principes d’action, jugent que ces projets sont inacceptables et qu’il faut par conséquent s’y opposer avec fermeté afin de les faire échouer. Cette première forme de risque se traduit par le coût d’un éventuel mouvement de grève, mais surtout par le coût représenté par les retards dans la mise en oeuvre de la politique décidée par l’entreprise et par le suivi d’un éventuel contentieux provoqué par les syndicats. Lorsque la survie résulte de la capacité de réaction, et d’une capacité de réaction rapide, plus rapide en tout cas que celle des concurrents, il peut y aller de la survie de l’entreprise.
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