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Dossier du mois : Absentéisme & présentéisme : parties émergées et immergées de l’iceberg du désengagement
                                                                   
Partie 3 : A l’origine du désengagement : la multiplication des « irritants sociaux[1]»
Cela invite à s’interroger sur les raisons du désengagement. Celui-ci constitue la résultante de la quantité de contrariétés, petites et grandes, que le salarié éprouve durant les heures qu’il passe au travail. Nombre de salariés se trouvent dépendants d’une organisation complexe telle que le moindre grain de sable provoque un effet d’avalanche. Le bus est arrivé en retard, la nourrice était déjà partie, le petit est malade, les plombs ont sauté et le moteur refuse de démarrer. Dans ces conditions, il peut être tentant de baisser les bras et de trouver un prétexte médical. Une telle situation résulte en grande partie de ce que la règle veut aujourd’hui que les deux membres du couple aient une activité professionnelle. Par ailleurs, ils habitent parfois très loin de leur lieu de travail. Il suffit de peu de choses, dès lors, pour désorganiser ce complexe équilibre, qui ne leur laisse que très peu de marge de manœuvre. Les managers doivent mesurer qu’il faut parfois beaucoup de pugnacité aux salariés pour parvenir, chaque matin, à être à peu près à l’heure à leur travail.

Tout dépend, dès lors, de la relation que le salarié entretient avec son entreprise. Face à la tentation de rester au lit ou de tout laisser tomber, plusieurs facteurs sont à prendre en considération :
  • le sens que l’intéressé donne à son activité professionnelle ; il n’aura pas le même comportement, bien évidemment, selon qu’il s’agit pour lui d’un job purement alimentaire, dans intérêt et sans avenir, ou selon qu’il s’y est investi, qu’il y trouve intérêt avec l’espoir de progresser ;
  • la qualité de son insertion dans le collectif de travail dont il fait partie ; là encore, il n’aura pas le même comportement selon qu’il se considère comme un « pion » anonyme et interchangeable ou selon qu’il s’y sent reconnu et qu’il mesure les difficultés qui résulteront pour les autres de son absence ;
  • le comportement de l’encadrement est également à prendre en considération : celui-ci peut se montrer laxiste ou, au contraire, exagérément rigide ; l’absentéisme peut être implicitement encouragé par l’atmosphère de travail et constituer un geste de fuite face à une situation exagérément stressante (on reviendra plus loin sur la parenté entre stress et absentéisme) ;
  • l’image que l’intéressé se fait de l’entreprise : selon qu’il se sent « partie prenante » ou « exploité », son comportement variera de l’effort consenti en vue de participer à l’action menée en commun à la revanche sur une situation de travail subie avec un sentiment d’injustice, voire d’humiliation.
C’est tous ces désagréments de la vie au travail que l’entreprise devra prendre en considération en vue d’analyser les causes d’un désengagement exagéré et de trouver des solutions en vue de le réduire autrement que par la menace ou les pressions. A ces désagréments de la vie au travail, il a été donné le nom d’irritants sociaux. Ce sont eux qui provoquent et entretiennent le désengagement des salariés. Les enquêtes sur le terrain montrent que ce sont ces irritants sociaux qui expliquent, notamment, la dégradation de la performance sociale, la montée des tensions, l’apparition de signes de stress et par delà, la diminution de la performance sociale. Il peut s’agir :
  • d’un manque de coordination entre équipes de travail,
  • de l’absence d’informations claires et complètes sur le travail,
  • de l’absence de réponse aux questions et aux suggestions d’améliorations,
  • de l’existence de tensions entre encadrement et représentants du personnel,
  • de l’existence de relations difficiles avec les usagers ou les clients...



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