Dossier du mois de septembre 08 : Les managers intermédiaires, entre l'enclume et le marteau
                                                                   
Partie 1 : Le manager, un intermédiaire malheureux mais apprécié par ses collaborateurs
Par « managers », on entend ceux des salariés, cadres ou non cadres, qui ont la responsabilité de l’animation d’une équipe de travail et qui exercent donc une autorité hiérarchique sur un nombre plus ou moins élevé de collaborateurs. Auprès de ceux-ci, le manager, par le jeu de la délégation de responsabilité, représente donc la Direction de l’entreprise. Ses initiatives, aux yeux des salariés, représentent la mise en oeuvre concrète des orientations décidées par celle-ci.

Il serait donc logique que le manager, dans l’exercice de son autorité, se sente pleinement d’accord avec ces orientations. Or, c’est loin d’être toujours le cas. Le manager ignore souvent les tenants et les aboutissants des directives qu’il lui faut appliquer. Parfois même, il est en désaccord avec elles. De là son malaise lorsqu’il lui faut imposer à ses subordonnés des consignes qui, à ses propres yeux, sont inutiles, discutables ou dépourvues de sens.

Mais ce n’est pas tout. Le manager n’est pas seulement exposé au risque d’avoir à faire appliquer des consignes avec lesquelles il est en désaccord ou dont il n’est pas pleinement convaincu du bien-fondé ; il lui faut également faire face à des collaborateurs dont les réactions peuvent être profondément différentes des siennes.

Qu’il regarde vers le haut (la Direction) ou vers le bas (ses collaborateurs), le manager se trouve fréquemment dans la situation d’un intermédiaire malheureux. D’où le malaise qu’il éprouve et qui, bien entendu, se ressent parfois dans l’ambiance qu’il suscite autour de lui.

Toutefois, comme le révèle notre étude nationale sur la Qualité Managériale en France (cf. rubrique « études » de ce blog), si les managers ont des états d’âme quant à leur fonction, ils sont globalement bien appréciés par leurs collaborateurs. Les dimensions les plus positives concernent la qualité du leadership et de la régulation (animation de l’équipe, relations interpersonnelles). Un gros point noir toutefois : la communication ; les salariés déplorent l'absence de réponse à leurs questions, le faible niveau d'informations qui leur sont délivrées et l'opacité du système de rémunération. On retrouve par truchement la problématique de l’opacité voir la contradiction des directives qui émanent de la Direction de l’entreprise, comme évoqué ci-dessus.



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