| Dossier
du mois d'octobre 08 : Le stress au
travail : Pourquoi se développe t-il ? |
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| Partie 4 : Que peut faire l’entreprise pour réduire le stress ? |
| Il faut d’abord identifier les causes de stress. Ces
causes sont de deux ordres. Il y a d’abord l’incertitude sur l’avenir. Les salariés sont demandeurs de sécurité ; or, l’entreprise se montre incapable de leur dire à quoi ils doivent s’attendre. Plus grave encore : Nombre de salariés ont le sentiment qu’on leur cache des choses. L’angoisse en résultant est d’autant plus prégnante que l’on ne dispose d’aucun élément qui permettrait de s’orienter. On se sent objet, et non sujet de son destin. Il y a, ensuite, le sentiment qu’ont les salariés de ne pas exister pour les dirigeants. Ils ne peuvent compter sur aucune aide ; ils doivent faire face à des exigences contradictoires ; ils n’obtiennent pas de réponse aux questions qu’ils posent. Comment, dans ces conditions, ne pas être stressé ? La progression du stress peut être considérée comme résultant d’un déficit de gouvernance et de management. Les enquêtes de climat social montrent que souvent, les salariés n’ont aucune confiance en la Direction ; elle est soupçonnée d’ignorer les intérêts des salariés. Ce soupçon témoigne parfois de réminiscences marxistes, mais résulte d’un déficit de communication entre les dirigeants et le corps social. Il importe à l’équipage de savoir qu’il y a un patron compétent à la barre, qu’il sait où il va et qu’il agit dans l’intérêt de tous. A cela s’ajoute un problème de management. Certains aspects de ce déficit sont liés à l’absence d’informations qui donneraient sens aux efforts exigés, des entretiens annuels d’évaluation bâclés, des augmentations de salaires décidées d’une façon perçue comme arbitraire… A ces déficiences, il peut être tentant, venant des dirigeants, de répondre par ces grands mots que leur suggèrent certains prestigieux cabinets de consultance. Qu’ils relisent Guerre et Paix : le généralissime Koutouzov, la veille du combat, entend les propos que se tiennent les généraux autrichiens de son état major ; il s’endort alors qu’ils exposent par quels plans ils vont enfin en finir avec ce « Buonaparte », à l’occasion de cette journée que l’Histoire allait retenir comme la bataille d’Austerlitz. A l’origine du désastre, la suffisance des grands chefs, les plans plus brillants que pratiques, le souci de paraître et les querelles de préséance, l’inattention portée aux conditions d’exécution, l’absence d’un mot d’ordre qui soit clair et propre à soutenir les énergies. Et pendant ce temps, Fabrice del Dongo dans le fond de son trou, tremble de peur dans l’agitation à laquelle il ne comprend rien - c’était à Waterloo - mais dont il a tout à redouter. |
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