Dossier du mois d'octobre 08 : Le stress au travail : Pourquoi se développe t-il ?
                                                                   
Partie 2 : Les salariés en situation de double contrainte
Désormais, c’est la charge mentale qui est en cause. Les nouvelles formes d’organisation du travail se traduisent par l’agitation des muscles et des neurones. La charge mentale tendrait à s’accroître sous l’effet de facteurs qui s’ajoutent les uns aux autres (nécessité d’un strict respect des délais impartis, absence de recours hiérarchique, confrontation aux incivilités des usagers ou des clients…), auxquels s’ajoute la dégradation des conditions de travail : On en arrive à la problématique du stress.

L’évolution de « la charge mentale » a fait l’objet de nombreuses mesures. Les enquêtes montrent un nombre croissant d’entreprises installant des dispositifs tels que les certifications ISO, les flux tendus, et la formalisation de procédures à respecter. Les salariés sont de plus en plus nombreux à avoir le sentiment de travailler dans l’urgence, tout en manquant des moyens ou des appuis nécessaires à la réalisation de leurs objectifs.

Une telle évolution débouche sur des situations de « double contrainte ». Ils doivent à la fois faire « vite et bien », atteindre des objectifs toujours plus ambitieux malgré une réduction des moyens, prendre des initiatives malgré la réduction de l’autonomie.

Face à de telles situations, il est plusieurs attitudes possibles. La première consiste à refuser ce genre de dilemme ; d’agir de son propre chef et faire des concessions afin de mettre l’entreprise en face de ses propres incohérences et d’atteindre les objectifs. Cependant, il faut que la décision ne soit pas liée à un risque pour celui qui la prend ; beaucoup de salariés craignent, suite à une décision hasardeuse, les conséquences sur leur carrière et plus immédiatement sur leur emploi ; ils ne peuvent donc pas disposer pleinement de leur autonomie.

Cette situation affecte des salariés qui n’ont pas l’état d’esprit qui leur permettrait de s’en sortir. Les plus respectueux de la hiérarchie et ceux les plus consciencieux sont souvent les plus fragiles. Ceux « qui s’en fichent » ne se posent pas de questions ; Ceux qui veulent « y arriver », sont plus susceptibles d’être guettés par le stress.

                                                                                             

Pour réagir à ce dossier, cliquez ici en précisant : Dossier - Stress au travail - P 2