Dossier du mois de novembre 08 : Comprendre les causes du désengagement : de l’enquête d’opinion à l’audit de performance sociale
                                                                   
Partie 2 : Pourquoi procéder à une enquête d’opinion ?
Ces différentes sources d’information peuvent toutefois se révéler insuffisantes. C’est alors que la Direction de l’entreprise va songer à la réalisation d’une enquête d’opinion interne en s’adressant, le plus souvent, à un institut de sondage spécialisé.

De telles enquêtes sont réalisées selon une méthodologie comparable à celle des enquêtes de marketing ; il s’agit de savoir si les salariés s’estiment satisfaits ou non des conditions d’emploi que leur offre l’entreprise. On en vient ainsi à parler de « marketing social ».

Les principales raisons de se lancer dans une enquête d’opinion peuvent être les suivantes :
  • mieux comprendre les raisons de tensions sociales récemment apparues,
  • recueillir les réactions du personnel à telle ou telle décision de la Direction ou à telle ou telle évolution ayant un impact sur les conditions d’emploi,
  • mieux connaître les réactions que suscite l’entreprise en vue de promouvoir une image attractive d’elle-même,
  • comparer le climat social entre différents établissements au plan national ou international.
Il n’est pas certain pour autant que les baromètres le plus souvent proposés aux entreprises leur donnent pleinement satisfaction. Il y a à cela plusieurs raisons.

La première, c’est que ces baromètres se réduisent le plus souvent à des sondages d’une construction rustique : une batterie de questions, une enquête, souvent par voie postale, quelquefois par Internet, une présentation à l’entreprise cliente d’un rapport rassemblant les réponses aux questions, ventilées par catégories de personnel, et c’est tout. L’entreprise doit ensuite de débrouiller par elle-même afin d’en tirer les conclusions. Or, ceci est loin d’aller de soi. En l’absence de précisions, il est donc difficile de concevoir un plan d’action.

Ainsi ce type d’enquêtes rendent compte de ce que ressentent les personnes interrogées mais ne permettent pas de passer aux facteurs explicatifs sur lesquels il serait possible d’agir afin de susciter, venant du personnel, une réaction plus favorable à l’entreprise qui les emploie. L’interprétation en reste donc très sujette à caution.

Les possibilités de benchmarking, dont se prévalent nombre d’instituts de sondages à partir d’une vaste banque de données, présentent donc un caractère trompeur. Comment se comparer objectivement à d’autres entreprises de son secteur si les questions ne sont pas les mêmes, et à supposer qu’elles le soient, comment garantir que l’on ne compare pas un borne au royaume des aveugles de la performance sociale ?

                                                                                             

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