| Dossier du mois de juillet 2008 : Réforme de la représentativité syndicale : interprétations erronées et vraies questions |
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| Partie 2 : Le projet
signifie-t-il la mort des "petits syndicats" ? |
| Ce dispositif a donné lieu à une interprétation totalement erronée, largement
diffusée par certains adversaires de la position commune du 9 avril : "le MEDEF et la CGPME se sont entendus avec la CGT et la CFDT pour tuer les petits
syndicats et déboucher sur un duopole CGT-CFDT". On observera d'abord qu'une telle intention n'apparaît à aucun moment dans ce qu'on peut savoir, y compris
"off the record", des intentions qui animaient la délégation patronale. Et surtout, cette interprétation témoigne de l'incompréhension, par ceux qui la
formulent, de la révolution opérée par la position commune du 9 avril. Le classement au niveau national, qui place loin devant la CGT et la CFDT, et derrière, la Force Ouvrière, l'UNSA, la CFTC et la CFE-CGC ne correspond pas nécessairement à la réalité des entreprises. On y trouve en effet parfois de "gros" syndicats FO ou CFTC et de "petits" syndicats CGT ou CFDT. Et la même chose peut être dite au niveau des branches professionnelles. La CFTC est a priori assurée de conserver sa représentativité à TF1; l'UNSA est a priori assurée de conserver sa représentativité à SFR ; par contre, la CFDT est menacée de perdre sa représentativité parmi les intermittents du spectacle. Et l'on pourra très bien trouver des syndicats reconnus représentatifs au niveau de l'entreprise ou de la branche, dont la confédération d'appartenance aura perdu sa représentativité au niveau national. La menace d'une disparition des "petits syndicats" demande ainsi à être interprétée comme le signe d'une grande inquiétude des permanents nationaux pour l'avenir qui leur est réservé. Et c'est bien là ce que change le projet : les militants d'entreprise ont avec lui une occasion de reprendre la main sur les syndicalistes d'appareil qui se contentaient de gérer la rente de situation institutionnelle qui fondait leur pouvoir. Autrement dit, la "représentativité" accordée par l'arrêté de 1966 à cinq appareils syndicaux nationaux laissera la place à une représentativité accordée par les salariés à leurs représentants directs. Pour eux, c'est évidemment une perte de pouvoir ; et l'on comprend que ceux qui sont les moins certains de leur légitimité en termes d'influence sur le terrain aient quelque inquiétude à se faire pour leur avenir. |
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