| Dossier
du mois de décembre 08: L’audit de performance sociale au service de la qualité et de la performance globale
|
![]() |
| Partie
1 : L’audit de performance sociale en pratique : les risques de dérives |
| L’intérêt principal de l’audit de performance sociale réside dans le fait qu’il propose une démarche d’amélioration de la performance globale de l’entreprise. D’une façon générale, un audit se caractérise par l’existence d’un référentiel normé, base des investigations de l’auditeur. Un audit de performance sociale doit s’appuyer sur un référentiel validé scientifiquement. C’est ce qui le différencie des enquêtes d’opinion réalisées à partir d’un questionnaire administré dans le but de servir un commanditaire qui cherche à se faire confirmer (ou infirmer) une tendance d’opinions. Reste à savoir d’abord comment ce référentiel a été élaboré. Il convient ensuite de s’interroger sur l’utilisation faite de celui-ci. Le problème du référentiel Le contenu du référentiel n’est jamais indépendant des intentions de celui qui l’a conçu ou formulé : son apparence d’objectivité dissimule une idéologie (dans le double sens de corpus d’idées préétablies et de croyances sociales), sous-jacente à toute démarche d’approche du réel. Aussi on doit veiller à en éliminer certains biais. L’audit de performance sociale doit savoir ne pas faire abstraction des problèmes de taxinomie et d’axiologie telles qu’elles structurent les représentations de l’auditeur et de ses commanditaires. En d’autres termes, le référentiel doit présenter une validité de construction qui permette d’affirmer que non seulement l’audit mesure ce qu’il est censé mesurer, mais de façon objective, indépendamment de l’auditeur et quelque soit l’auditeur. Il s’agit de ne pas tomber dans le piège, notamment, de la prophétie auto-réalisatrice qui certes peut faire plaisir au commanditaire et à l’auditeur mais qui ne présente aucun intérêt du point de vue de la conduite du changement. Le problème de l’utilisation du rapport d’audit Il est facile pour l’auditeur, dans un souci de purisme, de remettre son rapport puis de disparaître. Il ne saurait se désintéresser des intentions du commanditaire. Or, l’audit peut être mis au service de plusieurs intentions. Une intention cachée peut résulter d’une attitude bureaucratique de l’entreprise commanditaire : « J’ai fait réaliser un audit, donc je peux me considérer comme couvert ». L’important, c’est donc surtout de l’avoir réalisé pas d’en tirer des enseignements pour l’action ou la conduite du changement. L’audit peut aussi avoir pour but d’obtenir une certification fondée sur le respect de normes, qu’il s’agit de vérifier : c’est le cas de l’audit social de conformité. Pourquoi cette certification importe tant à l’entreprise? L’entreprise veut démontrer qu’elle respecte des prescriptions jugées importantes. Mais cette image peut s’éloigner de la réalité. Ce qui est en cause, c’est le risque d’une instrumentalisation de l’audit social à des fins qui ne correspondent pas aux intentions mises en avant. On en arrive alors à des dérives du genre « nous écoutons nos salariés car nous avons mis en place une procédure d’entretien d’évaluation annuelle ». C’est ce qui s’appelle se cacher derrière son petit doigt… Au total, il apparaît que l’auditeur ne saurait se désintéresser de l’utilisation qui sera faite de son travail. Les résultats qu’il produit peuvent être éloignés de la réalité. Ils peuvent faire l’objet d’une récupération en termes d’image. Ils peuvent être réducteurs, à la mesure de son éloignement culturel des réalités qu’il observe. Le référentiel derrière lequel il s’abrite peut répondre, en termes de taxinomie et d’axiologie, à des choix qui dissimulent les préjugés ou des arrière-pensées qui n’ont rien à voir avec une quelconque objectivité. |
![]() |
| Pour
réagir à ce dossier, cliquez
ici en précisant : Dossier - L’audit de performance sociale - P 1 |