Dossier du mois d'Août 2008 : Une cause croissante d'exaspération : la lourdeur des reporting
                                                                   
Partie 4 : Une question d'efficacité : résister à la dérive bureaucratique
Les excès du reporting s’agrémentent souvent de dénominations prétentieuses inventées par des professeurs de gestion ou des consultants qui bâtissent leur notoriété sur leur créativité linguistique, sinon sur leur connaissance des réalités du terrain. Par exemple, dans telle entreprise de taille internationale, toute innovation, même mineure, est subordonnée à une procédure longue et parfaitement bureaucratique, mais dont l’existence se justifie sous l’appellation pompeuse de « TQMS » ; comment venir à bout de tels excès, dont le coût n’apparaît pas directement dans les comptes, même s’il est très réel ? On se contentera ici de quelques pistes d’action :
  • ne pas confondre l’économie réelle avec celle qui figure dans les rapports ; il convient, autrement dit, de ne pas oublier que la carte ne rend qu’imparfaitement compte de la réalité du territoire ; les comptes les mieux tenus sont nécessairement réductionnistes et ne rendent pas compte de la complexité du réel ; ils ne sont qu’une forme de discours et ce discours rend compte des préoccupations de ceux qui le tiennent au moins autant que de ce qu’il désigne ;

  • communiquer sur le bien-fondé des informations exigées ; ceci exige d’éviter de réduire l’information dont les salariés ont besoin pour donner sens à leur activité à une simple documentation professionnelle ou à de simples directives transmissibles par les NTIC ; la nécessité de justifier les reportings exigés par le siège pourra conduire celui-ci à se rendre compte de ce que nombre de tableaux statistiques sont peut-être inutiles ou qu’ils répondent à des préoccupations qui ne sont plus d’actualité ; à quand le reporting ou les procédures bio-dégradables ?

  • celles-ci sont liées à une tendance à la centralisation et au souci de surveiller afin de récompenser les uns et de punir les autres ; cette démarche semblable à celle du « Panoptique » ne saurait être considérée comme la meilleure forme de gouvernance dans une société complexe dans la mesure où elle nie le caractère fertile d’une diversité des approches et interdit les formes décentralisées d’adaptation aux réalités locales, sinon pour transgresser les injonctions venues d’« en haut » ; l’uniformité conduit à la routine et à la mort ; la créativité ne sauraient se couler dans la rigidité des protocoles et des procédures ; il convient de ne pas oublier que l’innovation aura toujours résulté d’une transgression ; c’est donc elle qu’il faut encourager et non pas, quelle qu’en soit par ailleurs l’utilité, les contrôles et les audits de conformité.
                                                                                             

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