| Voici venu le temps des nyctalopes
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| Nous sommes tous des nyctalopes. Plus ou moins, c’est selon, et c’est bien là le problème. L’existence des nyctalopes remonte à l’époque des dinosaures. Les dinosaures étaient de gros lézards, très lourds et un peu lents. Ils étaient dotés d’un nombre limité de neurones et l’influx nerveux se transmettait difficilement aux points extrêmes de leur énorme corps. Surtout, il s’agissait d’animaux à sang froid. Quand la nuit tombait et que baissait la température, le dinosaure s’engourdissait et s’assoupissait. C’est alors que les nyctalopes sortaient de leurs refuges. Le jour, il se seraient fait hacher menu par les diplodocus ou les tyrannosaures ; mais ils avaient la nuit pour eux. Les nyctalopes ont le sang chaud. Ils peuvent donc résister au froid qui paralyse les dinosaures. Ils savent également capter les signaux faibles qui leur sont nécessaires pour se mouvoir dans la faible clarté du jour tombant. Ils le peuvent parce que leurs capteurs sont implantés sur le devant de leur tête de telle façon qu’en résulte la vision binoculaire. Mais la vision binoculaire suppose une capacité de traitement du signal qui va au-delà des possibilités des dinosaures, dont le cerveau n’excède guère la taille d’un petit pois. Les nyctalopes sont donc intelligents ; ils peuvent faire face à des situations imprévues, éviter les dangers, contourner les obstacles. Je résume : le nyctalope fait preuve d’autonomie par rapport à son environnement, dont il supporte de larges variations de température ; il sait traiter les signaux faibles qui lui parviennent de capteurs plus perfectionnés que ceux dont dispose le dinosaure, ce qui lui permet de se mouvoir dans le clair-obscur ; et enfin, il dispose d’une capacité de traitement des données qui lui permet de réagir plus rapidement à des situations plus variées et moins prévisibles. Venons en au monde qui est le nôtre. Face à la crise économique et à son cortège de difficultés imprévues, j’observe que certaines entreprises se comportent à la manière des dinosaures. Elles sont énormes, très rigides quoi qu’en disent leurs dirigeants, peu aptes à la nouveauté, empêtrées dans leurs certitudes et leurs procédures internes. D’autres sont plus proches du modèle des nyctalopes. Elles sont pourvues de capteurs sensibles aux signaux faibles, capables d’adaptation instantanée à l’évènement imprévu, aptes à se mouvoir dans le clair-obscur des conditions nouvelles de leur environnement et habiles à tirer parti des opportunités qu’elles y découvrent. C’est pour elles une condition de leur survie et le fondement de leur développement. En ce temps de refroidissement de notre économie, nombre de dinosaures, grands et petits, sont promis à la disparition. Ils ne seront pas capables d’adaptation rapide et ne sauront jamais que quémander des aides de l’Etat. Ils se lamentent sur la dureté des temps. Mais pendant ce temps, les nyctalopes y voient au contraire l’opportunité de leur propre développement. Ils inventent des solutions nouvelles en s’appuyant sur ce que ne voient pas les dinosaures. La vie est dangereuse pour eux, et le taux de mortalité élevé. Certains, par contre, anticipent ce que sera le monde de demain. Ils y sont déjà et pour eux les dinosaures appartiennent déjà au passé. Je crois pouvoir affirmer que mars-lab fait partie de la communauté des nyctalopes. Rejoignez-nous ! Hubert Landier |
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