Mon activité professionnelle m’amène à rencontrer des clients à Valladolid, en Espagne. Je prends donc un avion
sur une compagnie nationale. Arrivée ponctuelle en fin de matinée à l’aéroport de Valladolid après un vol studieux.
Mais ma valise est absente à l’arrivée. La plupart de mes dossiers et mon costume sont dans cette valise. Ce soir
je dîne avec mes clients et demain une longue journée de travail nous attend. Sans mes affaires, mon rendez-vous
sera une catastrophe.
Le personnel au sol est adorable et compatit à ma détresse en m’assurant qu’il arrive souvent qu’une valise soit
oubliée et que la mienne suivra certainement sur le prochain vol. Je suis à la fois rassuré de savoir que dans 4
heures j’aurai récupéré mon bien et surpris d’entendre que ce genre de désagrément est fréquent et ne semble
traumatiser personne. Nous passons quand même une demi-heure à remplir différentes formalités. Je me vois
remettre un superbe dépliant de six pages, m’expliquant comment suivre à la trace un bagage défaillant, sur
Internet, par SMS ou tout simplement en téléphonant à un centre d’appel dédié (communication facturée à la minute
en plus de la communication de base). Je suis surpris, mais rassuré par l’énormité du processus.
Je rejoins mon hôtel en taxi. Bien sûr je parle de mon « malheur » à mon chauffeur qui ne semble pas surpris du
tout : « C’est fréquent et quand les valises arrivent enfin, la compagnie les confie à un chauffeur de taxi, à
charge pour lui de la livrer à l’adresse indiquée par son propriétaire. Pour nous ce sont de bonnes courses
payées. On peut même prendre un client payant en plus ». Mais, me confie-t-il, « les valises qu’on nous confie ne
sont pas toujours les bonnes. Ainsi, il m’est arrivé de faire deux fois l’aller retour depuis l’aéroport pour le
même client. L’ennui, dans ces cas là, c’est que la compagnie ne paye qu’une seule course ». Il m'explique également que « la manipulation des valises se fait sous la responsabilité de la compagnie, mais le personnel
fait cela n’importe comment. Souvent les bandes de destination sont arrachées, alors ils chargent sur n’importe
quel avion ». Je trouve intéressant que le dysfonctionnement soit connu du personnel ainsi que du public, et surprenant
que cette situation perdure.
Dans l’après midi, sans nouvelle de la compagnie, mon inquiétude grandit quelque peu. Prudent, je reporte le
dîner prévu avec mes clients et téléphone au centre d’appel dont le dépliant m’a vanté les mérites. Après avoir
décliné mon code, mon nom, mon adresse personnelle, pour vérification, j’apprends la bonne nouvelle : Ma valise a
été retrouvée... à Valencia (Espagne). La téléactrice m'explique que « les codes des aéroports sont très
voisins : Valladolid VLL et valencia VLC, alors cela arrive souvent... ». Elle m’apprend ensuite que ma valise a
été renvoyée sur Paris, mais qu’elle sera sur le prochain vol Paris-Valladolid... Enfin qu’elle y sera sans
doute si elle arrive à temps à Paris. » Je lui demande s’il n’y a pas de vols directs Valence-Valladolid. « Si,
mais c’est plus compliqué, car ils font escale à Madrid. Paris c’est plus simple, et plus sûr » conclut-elle. « Ah
bon ! »
|