| Business as usual |
Hi ! Business as usual ! Heureusement, dans cette tempête, l’action s’est plutôt bien tenue. Je pense que mes déclarations (« nécessité d’ajuster nos coûts ») y ont été pour quelque chose. C’est évident, nous allons devoir réduire nos capacités de production. Tenez ! En France, nous avons deux usines en trop. Je l’ai dit. Ce qui est amusant, ça a été la réaction du HR VP français (un native), qui est venu nous dire que les syndicats auraient voulu qu’on leur en parle avant et qu’ils allaient nous faire un procès. Et puis quoi, encore ? Des communistes, certainement. J’ai transmis à nos lawyers pour qu’ils fassent le nécessaire. Qu’est ce qu’ils sont compliqués, ces Français. Insupportable. Ce serait en Birmanie, où nous avons trois usines, les syndicalistes se seraient retrouvés en tôle vite fait. En attendant, j’ai demandé à notre HR VP de faire le nécessaire pour fermer les deux usines vite fait. Mais là encore, il fait des manières. Il prétend que ça va être long, il parle de consultation, de trois ou quatre livres, sans doute à lire, je ne sais plus. Comme si c’était difficile : on dit aux guys qu’ils peuvent prendre leur enveloppe et on n’en parle plus. Mais on est en France, le pays où tout est compliqué. Je plains Sarkozy. De toute façon, notre HR VP français, il pourra faire sa valise dès qu’il aura terminé le job. Et plus vite ce sera fait, le mieux ce sera. Je lui ai d’ailleurs envoyé deux jeunes managers frais diplômés de Warton pour accélérer les choses. Avec eux, ça ne traînera pas. Bon, ensuite, il va falloir songer à investir. Je me suis procuré une carte du monde et je l’ai affichée dans mon bureau, à côté de la baie qui surplombe l’Hudson river. A droite, la Californie, à gauche, le New Jersey. Tout à fait à gauche, la Grande Bretagne. Plus loin, la vieille Europe et, plus loin encore, la nouvelle Europe (des gens bien, ceux-là). A l’extrême droite de la carte, la Chine. Pas question de construire des usines en Chine. Trop cher. On m’a parlé du Bengladesh. Je n’ai pas trouvé sur la carte. Mais pourquoi pas ? Il y a aussi le Népal (c’est du côté de la Chine, au sud, je crois), mais il faut qu’on voie avec la communication. Parce qu’on voudrait faire en même temps une opération de relations publiques pour valoriser notre philosophie : « our best value, to serve the community ». Clean values, clean equities. Ce sera un beau slogan. Bon, voilà qu’on m’appelle. Ce doit être encore ce HR VP français. Quel emmerdeur, celui-là. A moins que … « What ? OK, I just come ». Alors, ça ! Il paraît qu’on vient d’être rachetés par Gazprom. Hubert Landier |
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